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Vous trouverez ici un outil de cartographie sur le pays des Collines. Vous pouvez parcourir chacune des cartes et découvrir via des entretiens et notices les multiples aspects qui caractérisent cette région tant sur le versant de la nature que de la culture. Comme vous le verrez, ces contenus sont incarnés et portés par des individus, c'est un matériel vivant qui s'offre à nous. Cet outil est également évolutif: au gré des recherches et de l'évolution de nos connaissances, de nouveaux éléments seront progressivement intégrés.

Conception et développement
Spec uloos et variable.club pour l'interface, le système de navigation et d'encodage, Raphaël Pirenne pour la coordination du projet et des contenus.

Contenus visuels
Les images proviennent en grande partie du livre édité par Wapica, Le Pays des collines. Un récit pour un avenir (grâce à l'aimable autorisation de Pierre Peeters), les entretiens ont été réalisés par Simona Denicolai, Ivo Provoost et Raphaël Pirenne, avec à la caméra Charlotte Marchal et Julien Thiebaut, et au son Laszlo Umbreit et Thomas Grimm.

Contenus textuels
Sauf mention contraire la coordination et l'écriture des contenus ont été prises en charge respectivement par Michel Hennebert pour la géologie, Christine Everaerts et Baptiste Hottekiet pour le patrimoine naturel, Isabelle Deramaix et Julien Van Eeckhout pour l'archéologie et le patrimoine matériel, André Cotton et Christian Pieman pour le folklore et le patrimoine immatériel.

Voir la carte Géologie et géomorphologie

Voir la carte Patrimoine naturel

Voir la carte Archéologie et patrimoine matériel

Voir la carte Folklore et patrimoine immatériel

Lorsqu’on admire les paysages typiques du Pays des Collines, on distingue principalement des prairies, nichées dans les zones déprimées au bas des pentes, surplombées par des champs un peu plus haut, et enfin par des bois qui couronnent les reliefs. Le tout est dominé par le ciel, couvert ou dégagé selon les caprices de la météo.

Ce que la plupart des gens ignorent, c’est ce qu’il y a sous ce paysage : le sol juste sous la surface et le sous-sol, encore un peu plus bas. Le sol détermine le type de culture : une prairie lorsque le sol est argileux et pauvre, des champs lorsque le sol est limoneux, ou encore des bois lorsque le sol est sableux ou que ses pentes rendent l’exploitation agricole trop difficile.

Plus bas, le sous-sol – formé d’argiles, de sables ou encore de grès et de calcaires – par son altération et sa transformation, nourrit le sol. Et, même si nous ne pouvons le voir, ce sous-sol du Pays des Collines a, de tout temps, fourni toutes sortes de matériaux utiles à l’activité humaine. Nous pouvons en observer la présence dans les édifices les plus anciens, notamment les églises, qui en jalonnent le paysage.

Michel Hennebert

Le patrimoine naturel du Parc naturel du Pays des Collines est le résultat des caractéristiques géologique et pédologique du territoire à l’origine de sa géomorphologie singulière et des activités humaines qui ont façonné ses paysages au cours des temps. Le patrimoine naturel est riche tant sur le plan de la diversité des habitats naturels que sur les éléments floristique et faunistique qui le composent. Globalement, trois ensembles éco-paysagers attirent l’œil du visiteur :

Les prairies permanentes

Entourées d’éléments bocagers comme les haies, les anciens vergers et les saules têtards, ils jouent un rôle considérable en matière de typologie paysagère, de préservation des eaux et des sols, d’habitat et de liaison écologique. Petit rapace cavernicole, emblème du Parc naturel et reine du bocage, la Chouette chevêche niche dans les cavités des arbres.

Les sommets boisés

Pures ou mélangées, la plupart des forêts de hêtre sont classées Natura 2000. Au printemps, c’est une explosion de couleurs : bleu pour les jacinthes des bois, jaune pour les ficaires, blanche pour les anémones sylvie. Dans les hêtraies les plus acides, les myrtilles, bruyères et sphaignes s’épanouissent ! Des oiseaux tels que la bondrée apivore, le pic noir et l’autour des palombes sont présents tandis que la timide salamandre terrestre se porte bien.

Les fonds de vallées humides

Suite à l’abandon de l’élevage et à la relance de la dynamique naturelle, les anciennes prairies humides se sont transformées en mégaphorbiaies. En certains endroits, des mares y ont été creusées et des peupliers y ont été plantés. De très nombreux insectes, notamment les papillons y prolifèrent.

Deux réserves naturelles, vingt-quatre sites de Grand Intérêt Biologique, une réserve intégrale forestière et de nombreux arbres et haies remarquables constituent des éléments très importants du patrimoine naturel.

Baptiste Hottekiet

 

Le Pays des Collines est fréquenté de manière quasi continue depuis le paléolithique moyen (90.000 à 40.000 avant J.-C.). Seuls les premiers agriculteurs du néolithique ancien (5.500-4.900 avant J.-C.) ont préféré s’installer sur les plateaux mollement ondulés de la vallée de la Dendre.

Le territoire est structuré dès l’époque romaine par le tracé de deux axes de communication mis en œuvre à la fin du 1er siècle avant J.-C. L’un, toujours en circulation, traverse la région du sud vers le nord et a laissé dans le paysage un tracé rectiligne et continu au travers des communes de Mainvault, Oeudeghien, Lahamaide, Wodecq et Flobecq. L’autre, tout aussi rectiligne, et se dirigeant vers le nord-ouest, est encore perceptible notamment à Frasnes-les-Buissenal avant de former la frontière linguistique entre Arc-Wattripont, Russeignies et Renaix.

A ces deux voies s’ajoute un maillage orthonormé hérité vraisemblablement de la structuration cadastrale liée à la gestion administrative et fiscale de l’empire. Celui-ci est discernable au travers de limites répétitives et parallèles, notamment au sein de hameaux périphériques aux villages actuels. Ce maintien est dû à la faible expansion d’une nouvelle matrice cadastrale lors de la création de ces villages.

Du Moyen-Age aux Temps Modernes, seigneurs laïcs et ecclésiastiques se partagent le territoire. De vastes propriétés naissent et s’installent progressivement forteresses puis châteaux de plaisance. Durant ces périodes le territoire est aussi au cœur des débats pour une frontière entre la Flandre et le Hainaut. Ces conflits ont engendré destructions, pillages et saccages violents. Ils ont aussi plongé la région dans un certain isolement. La création de la Belgique va donner un nouveau souffle par la création des nouvelles voies de communication, l’implantation d’industries et le développement du tourisme. Cette étape verra aussi de nombreux défrichements et la disparition de zones boisées.

Isabelle Deramaix

Dans les Collines rurales il n’y a, traditionnellement, pas de grandes manifestations folkloriques. Pourtant, par sa géomorphologie notre paysage est bien individualisé. Les collines sont responsables de l’isolement des communautés villageoises qui vivent en autarcie. D’autant que jusqu’à la fin du XVIIIe siècle et la construction de la chaussée autrichienne, Gand – Valencienne, il n’y a qu’une voirie empierrée, la chaussée Brunehault, antique chaussée romaine, qui traverse les Collines. Quant au relief, il a favorisé le développement d’un esprit de clocher hypertrophié. Nos villages sont autant de microcosmes qui vivent largement repliés sur eux-mêmes.

Cette vie en circuit fermé va favoriser l’émergence de nuances dans le parler picard local, d’un village à l’autre, parfois d’un hameau à l’autre. Ël parlâch’ de nos vîy gé (le parler de nos anciens) tellement imagé dans ses tournures et expressions empruntées à la nature et à la vie rurale.

De la vie religieuse qui a longtemps imprégné la population avec ses processions, il reste les ducasses. Elles perdent leur caractère de « dédicace » au saint patron local et deviennent des fêtes foraines, mais continuent de rythmer la vie sociale. Les rivalités politiques, catholiques – libéraux, du 19ème siècle ont favorisé le développement des philharmonies et des troupes théâtrales. La deuxième venant en source de financement de la première. Si beaucoup ont disparu, certaines ne restent pas moins bien vivantes.

Il y a aussi un fond culturel qui remonte à la nuit des temps, long tchî (loup garou), mène karré (charivari), lumerot’ (halloween)… que le XXe siècle et ses deux guerres ont relégué dans le domaine de la mémoire.

Enfin, le tout à la voiture de la fin du XXe siècle marque l’arrêt de l’hémorragie migratoire de nos campagnes et s’accompagne de l’exurbanisation (arrivée des néo-ruraux). Des ducasses de hameaux, disparues, renaissent. Dans le prolongement de « mai 1968 », apparaissent plusieurs initiatives, Foire aux artisans, Paysans de la Place à l’Aulnoit, fête de la moisson, Sabbat des Sorcières… qui construisent le folklore d’aujourd’hui.

André Cotton

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Éléments bocagers

D’origine agricole, le bocage provient des défrichements organisés au Moyen Âge afin de libérer des espaces de cultures et d’élevage sur la forêt. Cela a permis de répondre au besoin croissant des populations en nourriture, bois de chauffage et de construction. Le bocage est défini comme un paysage semi-ouvert marqué par la présence de haies, vergers haute-tige et d’alignements d’arbres comme les saules têtards par exemple. Ces éléments bocagers structurent et délimitent l’espace bocager qui s’organise comme une mosaïque de parcelles occupées par des prairies, temporaire ou permanente, et des champs. Outre quelques bois dispersés ci et là, les boisements massifs ne font pas partie du paysage bocager. La haie est l’élément bocager le plus naturel puisqu’il est issu à l’origine d’arbres ou d’arbustes n’ayant pas été complètement arrachés. Par contre, les vergers haute-tige et les alignements d’arbres sont apparus de main de l’Homme pour répondre à ses besoins en nourriture et en bois. En effet, lors du développement des fermes, les agriculteurs ont planté des vergers haute-tige comme source supplémentaire de nourriture. Ces arbres étaient plantés sur prairie pâturée de sorte à coupler différents usages sur une même parcelle, d’où la nécessité d’être haute-tige pour éviter la dent du bétail. Les alignements d’arbres comme les saules têtards délimitaient les parcelles, fournissaient du bois d’œuvre pour les manches d’outils et les sabots, du bois de chauffage de manière régulière et du fourrage pour le bétail. Précisons tout de suite que le saule têtard n’est pas une espèce en soi mais bien un mode de taille consistant à rabattre les branches de l’arbre périodiquement au niveau de la tête. Malheureusement, l’avènement du machinisme agricole et les campagnes encouragées d’arrachage de haies ont considérablement réduit les zones bocagères. Baptiste Hottekiet

Collines boisées

Les notions de « Collines », « Région des Collines » ou de « Pays des Collines » régulièrement rencontrées soulignent à quel point cette spécificité géomorphologique est le fondement de son identité. Premiers sommets rencontrés en venant de la Mer du Nord par le nord-ouest, les collines boisées sont un marqueur identitaire typique du paysage « collinard ». Essentiellement composées de forêts de hêtre pures ou en mélange avec le chêne pédonculé, le point culminant du Pays des Collines se situe au Pottelberg à Flobecq, à 157 mètres d’altitude. Globalement, les collines présentent deux gros axes distincts. Le premier s’étire d’ouest en est et forme la frontière régionale et linguistique avec la Flandre. Le second, un peu plus disparate, s’étire du nord au sud avec deux séparations distinctes dans sa partie sud. Le territoire est donc à cheval sur le bassin versant de l’Escaut à l’ouest et celui de la Dendre à l’est du territoire. La majorité des hêtraies, pures ou mélangées à d’autres espèces (chênes, charmes, …) sont classées Natura 2000 ce qui leur donne un statut officiel et reconnu de protection. La pratique de la chasse tout comme la gestion forestière restent permis. Les boisements sur les hauteurs des collines trouvent leur origine dans une géomorphologie moutonnée et des conditions pédologiques acides qui n’ont pas rendu possible une occupation agricole du sol. À l’époque romaine, les collines boisées ont servi de nécropole comme en témoigne l’urne funéraire (poterie sigillée – Ier siècle après J.-C) découverte en 2021 par l’équipe du Parc naturel. Au Moyen Âge, c’était un espace multifonctionnel source de matières premières mais aussi de refuges. Aujourd’hui, elles constituent un atout indéniable du tourisme vert et de terroir comme en témoignent les nombreuses possibilités de randonnées. (BH).

Mégaphorbiales et zones humides

Nos fonds de vallée abritent potentiellement de belles zones humides, devenues rares en raison du drainage intensif et de travaux de remblais. Elles sont pourtant indispensables dans la bonne gestion de l’eau. Réservoir en période de sécheresse, réservoir aussi en période de fortes pluies, pour éviter les inondations en aval. Le Castor l’a bien compris, nous avons hâte de le voir arriver. Ces zones humides abritent une grande variété de plantes spécifiques, suivies de leur cortèges d’oiseaux, insectes ( libellules !) et batraciens. Sans compter les points d’eau où chacun viendra s’abreuver, du Chevreuil au Hérisson. Christine Everaerts

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